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Accepter son chien
 
 

Article posté par ΩMorgane Chon.
Paru le vendredi 22 juin 2018 à 12:43
Vu 535 fois.
Note : etoiles5 (1 vote)

Accepter son chien

Vous êtes vous déjà posé la question suivante : Pourquoi j'aime mon chien ? Pour ce que je voudrais qu'il soit ou pour ce qu'il est ?



Cette réflexion qui semble anodine, n'est pas dénuée d’intérêt et a toute son importance.

La décision d'accueillir un chien au sein de son foyer n'est jamais neutre.
Cette envie, ce désir, peuvent être motivés par de nombreuses raisons, conscientes ou non, avouées ou non.
Peut-être aviez-vous une image du chien de famille, surveillant les enfants avec un regard bienveillant. Peut-être souhaitiez-vous un chien de garde pour dissuader les intrus d'entrer dans votre propriété. Peut-être vouliez-vous un compagnon pour vous suivre lors de vos balades ou sorties sportives. Peut-être rêviez-vous d'un compère, qui connaîtrait plein de tours. Peut-être vouliez-vous aider un être à qui la vie n'avait pas encore souri.
Vous aviez des attentes et aviez probablement imaginé, voire idéalisé, votre chien et votre relation commune.

Vous avez sans doute regardé des vidéos sur Youtube, lu des articles, consulté des sites Internet, rejoint des groupes Facebook...

Mais, malgré vos recherches et votre préparation, et avec la meilleure volonté du monde, il y a parfois des déceptions. Il ne réussit pas tous les tricks, il n'aime pas tant que ça le canicross, il est trop indépendant, peu câlin, la complicité ne s'installe pas entre vous, etc. Votre chien n'est pas celui que vous aviez imaginé.
Et c'est normal. Aucun chien n'est parfait, et pourtant, ils le sont tous.

À l'ère de la médiatisation, du paraître Facebook, il est important de rappeler que les vidéos, les photos, les récits et les témoignages, ne sont que des séquences soigneusement sélectionnées.

Votre chien a lui aussi des attentes, vis-à-vis de vous, de la vie, de l'avenir. Il a aussi un vécu, un bagage, une identité qui le constitue et le rend unique.
On ne peut transformer un chien en un autre. On peut améliorer un comportement, en modifier un autre, mais on ne peut pas changer une personnalité dans sa globalité.

Si je vous dis qu'on ne peut pas demander à un chien de voler, vous allez sans doute trouver cela évident. Mais parfois, nous n'avons pas conscience que certaines de nos attentes ne sont pas réalisables pour notre chien. Tout dépend de l'environnement, de son vécu, mais aussi de notre façon de faire et d'analyser les choses...

On en demande tant à notre chien : s'adapter à la vie humaine, abandonner ses instincts, être patient, attentif, être motivé quand l'humain l'est, mais savoir rester calme et posé quand ce dernier est fatigué... On veut qu'il soit content de nous voir rentrer du travail, mais sans être trop excité, indépendant, mais à attentif à nos humeurs.

Certains diront que l'on peut changer un chien, le modeler parfaitement afin qu'il corresponde à nos attentes.
Soit, mais est-ce que le chien sera respecté sur TOUS les points ?

Avoir un chien qui obéit par peur, sans joie, sans motivation, n'est pas une réussite à mes yeux. Je préfère que vous puissiez vivre ensemble, dans la meilleure relation possible.
Bien sûr, cela implique des compromis et une adaptation de la part de chacun.

Mais quels sont-ils ?
Il suffit tout simplement d'accepter son chien tel qu'il est.
Pour cela vous devez avant tout être à l'écoute de ce qu'il est. Vous allez alors découvrir qui est vraiment votre chien, vous allez pouvoir le comprendre et le respecter. Et vous allez l'apprécier, avec ses défauts et ses qualités. Vous prendrez alors conscience de ce qu'est cet individu unique, qui le plus souvent est plein de bonnes volontés, attaché à vous et à votre famille et qui ne cherche qu'à vous faire plaisir et nouer une relation avec vous.
Cela vous permettra de travailler avec lui, en vous appuyant sur ses aptitudes et compétences et en tenant compte de ses difficultés.
En vous fixant moins de défis personnels, votre lien homme/chien n'en sera que meilleur. Votre relation sera devenue sereine. Une complicité va alors se créer.

Tout cela peut apparaître comme une évidence pour certains. Et pourtant cela n'est pas si simple à accepter.
Il peut être difficile de ne pas se sentir en échec, de ne pas en vouloir au chien, de ne pas s'en vouloir.
Comprendre que chaque chien a son rythme, c'est facile.
Accepter que votre chien n'a pas le même rythme que vous, l'est parfois moins.

Alors, pourquoi aimez-vous votre chien ?
 
 
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Commentaire n°1/1 :: Litza et Giucy
 
 
Remonter Posté le 12/12/2018 par kimapik

 
Ensemble, on apprend tout les jours !

Ma chienne...
Je l'aime parce qu'elle est pleine d'amour et l'exprime spontanément et surtout très très simplement.
Je l'aime parce qu'elle est libre et qu'elle accepte de renoncer à une part de sa liberté pour vivre en bonne entente avec les humains, chats, chiens, poules et canards qui l'entourent. J'adore quand elle court se rouler dans la neige ou se jeter dans un ruisseau mais j'aime aussi quand elle n'attrape plus les canards par le cou pour les secouer dans tous les sens...
Je l'aime parce qu'elle réveille chez mon compagnon le petit garçon qui dort...
Je l'aime quand elle fait "des betises" et lève sa grosse tête vers moi qd elle a compris que quelque chose n'allait pas sans pour autant voir où est le mal.
Je l'aime parce qu'avec elle, j'ai appris encore un peu plus de tolérance : vivre avec son chien, partager le quotidien de cette autre espèce demande de revisiter les codes, de repenser à ce qui est important ou pas, ce qui est juste, ce que l'autre dans sa différence peut comprendre.
Vivre avec mon chien, c'est donner une place à chacun, dans le respect de ses besoins.
Après, ma Litza, c'est la perfection faite poils dans son imperfection donc bon... la rencontrer, c'est l'aimer :-)

Et puis il y a la petite boule de poils qu'on a recueilli le long d'une route il y a 3mois. Les yeux encore fermés, le cordon presque pas sec, seule presqu'au milieu de l'asphalte en pleine campagne.
On pouvait pas la laisser là. Même si un autre chien, à priori, on en voulait pas.
Ou alors un de refuge. Ou un petit gabarit. Ou peut-être un male si la grande faisait des petits.
Bref, on voulait pas d'un futur berger femelle énorme à l'instinct de chasse super développé (demandez au chat du même age si vous me croyez pas, il se fait remorquer par la queue ou le cou sur 15m sans pouvoir rien y faire).

Après un an avec Litza, la relation est installée, les limites aussi. On sait ce qu'on tolère chacun ou pas, où sont nos places, comment ça s'organise chez nous. On sait par exemple, que la laisse et le harnais, on aime pas ça mais que c'est obligé jusqu'à l'endroit où ça ne l'est plus. On sait qu'on monte pas sur les fauteuils et qu'on demande pas à table. Bref, on peut s'aimer pépère et vivre ensemble tranquilles.

Puis ce mini-truc qui va devenir énorme vient tout bouleverser.
Déjà elle est mini donc faut la nourrir au biberon toutes les 3h et quand son coussin tombe sous 38° elle a froid donc faut repasser la bouillotte au four, de jour comme de nuit. Puis elle grandit et elle se met à tout mordre, les humains, les chats, les canards (surtout les canards) et les chaussures, les plantes, la grande qui ose pas répondre parce qu'elle a bien appris qu'on "ne mords pas".
Elle pisse aussi, surtout sur le tapis, malgré nos tours réguliers dehors avec le thermomètre sous zéro. Elle mange pas parce qu'elle se laisse distraire par tout ce qui se passe autour... et mon dieu, en fait, on était pépère et va falloir reprendre toute une "éducation"... on se rend compte que la grande en fait, elle est vraiment vraiment facile, on sait plus trop comment on a fait mais c'est fait et c'est très confortable. La petite Giucy, dès qu'elle peut courir, c'est le carnage...

Du coup, un jour sur deux, on se demande si on a bien fait... on se demande qui voudrait la prendre peut-être à présent qu'elle a grandit... Puis celui de nous deux qui en parle à l'autre sait bien ce que l'autre pense : C'est déjà notre chien. Elle n'est pas parfaite. Ca va sans doute être plus dur parce que son caractère est différent. Mais c'est déjà notre chienne, on peut plus la donner, on l'aime... même si elle nous fait chier :-D

On l'aime pour son innocence, on l'aime pour sa spontanéité. On l'aime parce qu'elle s'est présentée sur notre route, qu'elle avait rien demandé. On l'aime parce qu'elle est trognonne, avec ses grosses pattes et son petit pet qui balance de gauche à droite, même si on aime moins ses petites dents pointues... On l'aime parce que sa présence nous oblige à repenser les relations entre chaque membre de notre famille, parce qu'on doit s'apprivoiser et que c'est un chouette challenge. On se rappelle l'un l'autre que c'est un bébé et qu'elle a besoin d'amour mais aussi de limites mais aussi de liberté. Comme nous en somme...

Voilà, en fait, je pense que j'aime mes chiens parce qu'ils me le rendent bien et que nos relations ressemblent à des relations entre êtres de bonne volonté. Et quand ça marche, c'est tellement valorisant... pour tout le monde, en fait, que ça ne fait que renforcer ce sentiment d'amour qu'on éprouve les uns pour les autres.
Globalement, j'aime mes bêtes parce qu'elles m'obligent à me décentrer et qu'elles ne me demandent pas d'être dans la performance. Juste d'être à l'écoute et de les respecter...
 
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